Quand tu deviens mère, tu es sure d'aimer sans limites, sans conditions ce petit être, la chair de ta chair... et tu voudrais tant que ça soit réciproque. tu liras partout qu'un enfant aime sa mère de façon déraisonnée, qu'il partage avec elle un amour fusionnel, instinctif... On te diras aussi qu'un garçon est très proche de sa maman, toujours accroché à ses jupons. Et ben sache que parfois, ceci est complètement faux.

Peut être que comme moi tu auras engendré un filou, une peste, un chameau...

Au début il te fera croire qu'il n'a d'yeux que pour toi. Toi qui lui a offert la vie, toi qui le berce durant de longues heures la nuit, toi qui le nourrit de ton sein... Qui le nourrit autant de fois qu'il le veut, aussi longtemps qu'il veut et à n'importe quelle heure du jour et de la nuit. tu es fatiguée, tu voudrais dormir, tu voudrais que ce petit bout d'homme te lâche juste quelques minutes pour pouvoir respirer un peu. Mais non, il t'aime tellement, il ne veut que tes bras. Le bruit de ton coeur qui bat le rassure. Ton odeur l'apaise... Il t'aime. Et toi malgré la fatigue, tu l'aimes. Tu l'aimes d'un amour immense, qui fait peur et qui te fait comme une boule un peu, là, dans la gorge. Des fois, tu en as marre, tu voudrais bien le renvoyer au service après vente, tu prendrais un furet à la place, depuis le temps que tu as envie d'un furet. Des fois il t'exaspère, mais pourquoi il veut pas rester un peu chez son père ? Pourquoi il veut pas se taire ? Mon téton ne se souvient plus comment c'est d'être au sec... Mais 5 minutes après tu regrettes d'avoir pensé ça. Un furet il ne t'aimera jamais autant que lui... Il est beau, il est si parfait, et son odeur... Tu l'aimes...

Et puis un jour, il se rend compte que la vie ne s'arrête pas à tes bras. Alors oui, quand tu es seule avec lui, tes bras restent les plus confortables. Même à 18 mois il se plaît à y être installé. Mais ne t'avise pas de vouloir lui voler un baiser, tu essuieras un refus net et précis.

Quand vous êtes en présence d'une autre personne, sache le, tu n'existes plus. Ça peut être son papa, un grand parent ou le père fouettard, c'est la même chose. Tu n'as plus aucune importance, à la limite tu peux te mettre sur la chaise la bas au fond, ça fera joli. Tu peux essayer de t'approcher si tu veux, tu peux tenter de participer à leurs jeux ou leurs discussions. Il te répondra peut être, mais sans te regarder, tu vois bien qu'il est occupé à jouer avec papa. en tout cas tu comprendras que tu le déranges. Tu choisis un jouet, il te le retire des mains, le regard noir. Malheureuse ! C'était juste celui qu'IL voulait pour jouer avec SON papa.

Tu rentres du travail le samedi, tu as hâte de le voir, il t'a manqué, tu as juste envie de dévorer ses grosses joues de bisous... Lui a passé la journée avec son papa. tu ouvres la porte, et tu entends sa petite voix : "Mamou ? mamou ?" ton coeur se remplit de joie. Tu montes les escaliers, tu veux le serrer dans tes bras : "mamou ?" Tu le voies, ton tout petit, si parfait, il t'a tellement manqué. Tu t'avances vers lui. tu tends les bras. Tu veux l'embrasser... Il part en courant. Mais tu le veux ce bisou, tu t'avances à nouveau "NOOOOOOOOOON !!! PAPAAAAAAAAAAA"

C'est l'heure de manger, tu lui as préparé des coquillettes, il adore ça. Tu lui as mis du gruyère râpé, il va être content. et puis tu veux tellement qu'il se régale que tu autorise un petit chouilla de ketchup. Il y trempe son petit doigt boudiné. C'est pas grave c'est un bébé. Il te tend son doigt, essaie de te le fourrer dans la bouche. Mais le ketchup, bof, en plus il s'était gratté le nez juste avant. Mais il insiste. Tu cèdes et entrouvre les lèvres, après tout c'est ton bébé, tu l'aimes tellement et tu veux qu'il t'aime, non ? Tu as accédé à sa demande, il va être content... Ou pas. Tes tympans sont vrillés, et les coquillettes, ben ça colle aux lunettes...

Je sais pas, j'aurais peut être du prendre un furet...

 

IMG_7837